
Le tableau de Jacques
Stella représentant
« Jésus retrouvé au
Temple par ses parents » –
peint vers 1642 –
Légué à l’Église
Saint-Pierre-aux-
Liens de Fos
La genèse du tableau par Adriana Földes-Redonnet
Une œuvre exposée au Trésor de l’Eglise de Saint Béat attire particulièrement notre attention, nous Fosséens : un tableau peint par Jacques Stella (1596 –1657) vers 1642.
Ce tableau est classé monument historique depuis le 5 novembre 1912.
Propriété de la commune de Fos, il fut légué, au XIX° siècle, à l’église de notre village par Monsieur Modeste Doniez .
Le tableau, très longtemps attribué au peintre Eustache Lesueur, a été formellement reconnu comme œuvre du peintre Jacques Stella en 2003, par Gilles Chomer et Sylvain Laveissière conservateur général des peintures du Louvre.
Par la suite, le tableau a été exposé au musée des Beaux-Arts de Lyon et au musée des Augustins à Toulouse, lors d’une exposition dédiée au peintre en 2006 et 2007.

Le tableau a bénéficié d’une restauration en 2001.
L’œuvre, de grande qualité et bien conservée, constitue l’une des plus importantes découvertes récentes des historiens de l’art, pour le corpus de Stella.
Représentant « Jésus retrouvé au Temple par ses parents », d’une hauteur de 88 cm et d’une largeur de 71 cm, il fut peint vers 1642 pour le noviciat des jésuites du faubourg Saint-Germain à Paris.
Jacques Stella réalisa une collection de cinq versions sur le même thème, pour le noviciat des jésuites
Ces cinq tableaux se trouvent actuellement dans des églises et des musées :
- Collégiale Notre-Dame des Andelys
- Eglise de Fos
- Musée des Beaux-Arts de Lyon
- Eglise Sainte-Lydwine à Utrecht aux Pays-Bas
- Eglise Sainte-Ayoul à Provins
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Jacques Stella : peintre officiel de la cour et du roi Louis XIII
Le peintre Jacques Stella commence très jeune sa carrière à Lyon, ville qui l’a vu naître. Après un premier séjour italien, incontournable pour un peintre à l’époque, il s’installe à Florence puis à Rome de 1622 à 1634. Il va alors se lier d’amitié avec le peintre Nicolas Poussin et ses contemporains.

Illustration : autoportrait de Jacques Stella
À son retour en France vers 1635, il fera la connaissance du cardinal duc de Richelieu. Il deviendra son protégé et celui-ci le présentera au roi Louis XIII.
Le roi, admirant le talent de Stella, le nommera peintre officiel du roi et de sa cour. Sa carrière est alors assurée : une rente et un logement à vie au palais du Louvre lui seront attribués par le roi.
Il sera désormais amené à effectuer des commandes et des décors dans les résidences et chapelles royales (château de Saint-Germain-en-Laye, palais du Louvre, …) et pour de puissantes familles. Il fut l’un des artistes les plus captivants du XVII° siècle et le dernier grand peintre du règne de Louis XIII.
À la mort du roi, il est à l’apogée de sa gloire et continuera à peindre sous la régence d’Anne d’Autriche puis sous le règne de Louis XIV, alors âgé de 7 ans, qui le décorera en 1645 chevalier de l’ordre de Saint-Michel.

Le parcours du tableau jusqu’à Fos

C’est Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et petit-neveu du cardinal de Richelieu, qui a offert ce tableau comme cadeau diplomatique à la famille de Lassus en 1772 lors de son voyage à Montréjeau.
En tant que gouverneur de Guyenne, il avait été reçu pendant plusieurs jours en l’hôtel particulier des de Lassus à Montréjeau, par Jean Joseph de Lassus Duperron et son frère Marc François de Lassus Camon, seigneur de Montrejeau et contrôleur des marbres du Roi.


Le tableau est donc ainsi passé dans les collections de la famille de Lassus.
À la fin du XVIII°, il passa par héritage à Marie-Élisabeth de Lassus Gourdan, fille de Jean-Joseph de Lassus, seigneur de Gourdan. Marie-Elisabeth s’est mariée à André Doniez, seigneur de Fos et principal négociant en bois de la vallée. Le père d’André, Jean, avait fourni la marine de Colbert.
Fils de Marie-Elizabteh et d’André, Modeste Doniez, né à Fos en 1769, et maire de Fos de 1816 à 1830, puis de 1848 à 1851, hérita du tableau et le légua au XIX° siècle à l’église de notre village.
Cette chronologie est très importante et intéressante afin de comprendre le pourquoi de la présence de ce patrimoine à Fos.

Cette œuvre apparaît comme fondamentale dans l’art de Stella.
Les Fosséens peuvent être fiers de posséder ce tableau qui mériterait d’être exposé dans notre église, lieu qui lui a toujours été destiné depuis son legs.
Pourquoi le tableau est-il exposé à Saint Béat ?
Le tableau a été mis en dépôt à la paroisse de Saint-Béat en avril 2000 par le maire de l’époque afin d’assurer sa protection.
Les Monuments historiques ont, bien sûr, un droit de regard prépondérant car le tableau est classé par arrêté du 5 novembre 1912. Ils garantissent ainsi sa protection. Pour un retour sur Fos, un système d’alarme serait exigé, ainsi qu’un emplacement dans l’église, afin qu’il soit présenté dans les meilleures conditions pour sa sécurité et sa préservation.
Nous espérons que, dans un futur proche, un aménagement conforme puisse voir le jour et que le tableau « Jésus retrouvé au temple par ses parents » de Jacques Stella reprenne sa place dans son lieu d’origine, l’église Saint-Pierre-aux-Liens de Fos, pour le plaisir des Fosséens et des visiteurs.
En attendant, nous pouvons aller l’admirer au Trésor de Saint-Béat.
Ici, le support de la conférence d’Adriana FOLDES et Michel REYGADE
ici, article de Pierre Curie et Bertrand Ducourau sur « In Situ » la Revue des patrimoines :
« Hommage à Gilles Chomer : L’Enfant Jésus retrouvé au Temple, un nouveau Stella dans les Pyrénées »

